Le client
Une Caisse d’Épargne régionale qui organise son activité autour de quatre activités : banque de détail, banque dédiée aux personnes morales régionales, banque privée et agence des salariés. Le pilotage commercial de la caisse revient à l’équipe data de sa direction du Pilotage et de la Performance, qui assure notamment le contrôle de gestion.
L’enjeu
Le pilotage commercial a été transféré du département commercial au département financier, avec ses ressources et ses outils. Ces outils s’étaient construits par strates depuis plus de dix ans : scripts SQL, batchs PowerShell, workflows Alteryx, univers WebI, rapports Power BI. Leur documentation, quand elle existait, datait des premières versions livrées et n’avait été que très partiellement mise à jour.
Quatre contraintes se cumulaient pour créer un effet « boîte noire » de la chaîne de reporting :
- les règles de gestion et l’enchaînement des flux et transformations de données ne subsistaient que dans le code
- des tables de paramétrage existaient, mais des valeurs codées en dur prévalaient souvent : le comportement réel de l’outil différait du comportement déclaré
- 80 bases WebI devaient être décommissionnées sur directive du groupe, emportant avec elles les requêtes qui portaient une partie des calculs
- les tableaux de bord de tarification avaient divergé les uns des autres au point que le suivi n’était plus opérant
Déployer le suivi des agendas sur trois nouveaux périmètres, faire évoluer le reporting d’évaluation de la création de valeur, reconstruire un suivi tarifaire commun et unifié : chacun de ces chantiers supposait une spécification de l’existant que personne ne détenait. La banque confie ainsi à ALB Conseil la rétro-documentation des quatre outils, en remontant les flux et transformations de données du reporting vers le système opérationnel.
Dit autrement, le challenge revenait démêler un gros plat de spaghetti en un minimum de temps.
Le projet
Le périmètre couvre les quatre outils décisionnels de la direction :
- Suivi des agendas commerciaux : workflows Alteryx et règles de calcul des rendez-vous potentiels, programmés, réalisés et réalisés sans compte rendu
- Création de valeur sur la production nouvelle de crédits : modèle sémantique, 118 mesures DAX, formules de calcul onglet par onglet
- Tarification des marchés particuliers, professionnels et décideurs régionaux : flux d’alimentation, paramétrage et règles divergentes à réconcilier
- Parts variables du marché des décideurs régionaux : quarante-huit dispositifs adossés à un tableau de bord hebdomadaire de 500 indicateurs
- Dictionnaire des variables et cartographie des tables sources, des tables intermédiaires et des traitements d’alimentation
Le rôle d’ALB Conseil
La mission s’exécute au sein de la direction du Pilotage et de la Performance, en lien direct avec la DSI. Un comité hebdomadaire arbitre l’avancement, un point quotidien réunit l’équipe projet, et chaque point d’activité donne lieu à un compte rendu à J+3. Le premier arbitrage classe les quatre chantiers : les parts variables passent en dernière priorité, derrière la création de valeur et les agendas, dont dépendent les évolutions attendues.
Les travaux suivent le même enchaînement sur chaque outil : ouverture des accès aux bases et aux outils de restitution, lecture des scripts et des workflows, reconstitution des règles, validation en atelier avec les référents métier, rédaction de la spécification.
Retour d’expérience et bonnes pratiques
Nous séquençons la rétro-documentation par date de disparition de la source. Une partie des règles vit dans des univers de restitution déjà programmés au décommissionnement : passée leur extinction, ils ne se relisent plus. L’ordre des chantiers se fixe d’abord sur le calendrier technique du client, ensuite seulement sur la priorité métier.
Nous documentons le comportement réel, pas le comportement déclaré. Sur la tarification, des paramètres censés piloter un regroupement de forfaits se révèlent supplantés par des valeurs inscrites dans le code. Chaque règle recueillie est désormais confrontée à une exécution réelle.
Un traitement sans workflow se lit par ses batchs. Faute d’enchaînement décrit côté création de valeur, la chaîne se reconstitue depuis les scripts d’ordonnancement et les requêtes qu’ils appellent. Nous les demandons dès le cadrage, au même titre que les accès aux bases.
Jusqu’où descend une spécification de l’existant
Une rétrodocumentation se juge au niveau de granularité qu’elle atteint, pas au nombre de pages. Trois niveaux sont distingués et suivis séparément : l’architecture, avec les tables sources et les traitements d’alimentation ; la restitution, avec le modèle sémantique, les mesures déclarées et les filtres d’écran ; enfin la formule de chaque indicateur affiché et les données qu’elle mobilise.
Seul ce troisième niveau permet de chiffrer une évolution. C’est aussi le plus coûteux, et celui qu’une documentation héritée abandonne en premier. L’arbitrage porte sur le périmètre auquel on l’applique, jamais sur son principe.
Les résultats
Quatre faits ressortent de la clôture du forfait, au début de 2026 :
- Quatre data lineage documentés et validés avec les référents métier, sur les quatre marchés de la caisse.
- Spécification technique détaillée : modèle sémantique, cent dix-huit mesures et formules détaillées onglet par onglet, jusqu’à la décomposition de la marge.
- Règles de gestion réécrites et écarts de définition tranchés, ce qui rend chiffrable une extension aux trois réseaux restants.
- Poursuite de la relation sur la phase suivante, décrite dans le cas transformation de la production de reporting.
Les moyens mis en œuvre
Quatre profils pour environ deux équivalents temps plein en moyenne : un chef de projet MOA, un consultant senior, un consultant MOA et un data engineer maîtrisant Alteryx, SQL et Power BI. D’octobre 2025 au début de 2026, au sein de la direction du Pilotage et de la Performance.
Nos offres associées
Deux pages prolongent ce cas :